Faille judiciaire: un prédateur échappe à la police avant le drame
L’affaire Lyhanna révèle des failles béantes dans le suivi judiciaire des individus signalés pour violences sexuelles. Alors que le dossier de Jérôme Barella s’alourdissait depuis des années, une nouvelle alerte avait été lancée par les services de protection de l’enfance quelques semaines seulement avant le drame.
Une fillette de 11 ans relate des faits troublants
Le 12 mars dernier, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a transmis au parquet d’Auch des accusations particulièrement préoccupantes. Une enfant de 11 ans, placée en foyer, a rapporté des comportements déplacés survenus lors d’une soirée pyjama organisée au domicile de Jérôme Barella.
Les faits remontent à l’été 2025. Lors de cette soirée, la jeune victime aurait ressenti une présence inappropriée derrière elle. Plus tard, pendant une bataille d’eau, l’homme se serait collé à elle de manière déplacée.
Des mois de silence par peur
Ce n’est qu’en février 2026 que la fillette a brisé le silence. Elle a expliqué avoir gardé ces incidents secrets, craignant des réprimandes et redoutant le jugement de sa mère.
La réaction des institutions
Face à ces révélations, l’ASE n’a pas tardé à réagir. Outre le parquet d’Auch, la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) a également été saisie du dossier.
Le département du Tarn-et-Garonne a pris l’initiative d’informer les parents de la victime qu’ils disposaient de la possibilité de déposer plainte. Cette alerte intervenait trois mois avant la disparition tragique de Lyhanna.
Un passif judiciaire particulièrement chargé
Ce signalement de mars n’était pas une première dans le parcours de Jérôme Barella. L’homme accumulait déjà un lourd passif : six plaintes pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, ainsi que deux signalements antérieurs.
Jamais entendu par les forces de l’ordre
Malgré ces multiples alertes, un élément interpelle : Jérôme Barella n’avait jamais été convoqué ni interrogé par la police avant la disparition de Lyhanna.
Ce n’est qu’après le drame que la justice a finalement agi. L’homme a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration », avant même la découverte du corps de la fillette.
Une chronologie qui interroge
La succession des événements soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des signalements et la coordination entre les différents services. Entre les alertes de l’ASE, les plaintes accumulées et l’absence d’audition, le système de protection semble avoir dysfonctionné.
Cette affaire met en lumière les lacunes dans le traitement des dossiers sensibles impliquant des mineurs, ainsi que les délais parfois fatals entre les signalements et les interventions policières.

